MAFCX

Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang

Sino-French archaeological mission in Xinjiang

Démarrage : 1991
Directeur FR : Corinne Debaine-Francfort
corinne.debaine@mae.cnrs.fr 
Directeur CH :
Abduressul Idriss
yidilisi@hotmail.com / yidilisi0329@163.com
Effectif : FR : env. 15 / CH : env. 10
Nombre de doctorants : 3
Nombre de post-doctorants : 2
Nombre de laboratoires : ≥ 15
Nombre de copublications : articles + 3 ouvrages de synthèse en préparation
Principaux évènements :
Prix La Recherche – mention Archéologie (2013); Grand Prix d’archéologie de la Fondation Simone et Cino del Duca (2014).
Villes impliquées :
En France : Nanterre, Paris, Lyon, Toulouse
En Chine : Urumqi, Beijing, Changchun
Site internet : http://grands-prix-2014.institut-de-france.fr/mission-archeologique-franco-chinoise-au-xinjiang

Introduction

Première mission étrangère autorisée en Chine à sa réouverture (1991), la Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang (MAFCX), soutenue par le ministère des Affaires étrangères et du développement international, repose sur une coopération entre le CNRS et l’Institut d’Archéologie et du Patrimoine du Xinjiang —région de Chine du Nord-Ouest occupant une position stratégique en Eurasie. Fortement engagée dans la protection et la restauration du patrimoine, elle s’est développée autour trois objectifs principaux : (1) combler un vide historique sur les périodes anciennes ; (2) mieux comprendre les relations entre l’évolution des peuplements et celle des environnements sur la longue durée ; (3) mettre en évidence les liens entre les civilisations anciennes du Xinjiang et celles des régions voisines (Chine métropolitaine, steppes, Asie centrale, monde indien).

Missions et thèmes de recherche 

Prenant appui sur l’analyse d’images satellitaires, la mission a tenté, avec succès, de vérifier l’hypothèse de l’existence de peuplements anciens dans le désert de Taklamakan en explorant les deltas intérieurs fossiles d’une rivière qui le traversa jadis, la Keriya (région de Khotan, Sud Xinjiang). De son cours actuel à ses paléo-deltas, une progressive remontée du temps a permis de restituer une évolution sur la longue durée du peuplement des deltas et de leurs oasis centrées sur une bourgade principale :

• Karadong, site antique du IIIe siècle, a livré des vestiges qui comptent parmi les plus anciens sanctuaires et peintures bouddhiques de Chine.

• Djoumboulak Koum (milieu du Ier millénaire av. J.-C.), village fortifié et ses nécropoles (momies desséchées) dans une vaste oasis jadis irriguée, a renouvelé les connaissances en donnant au Xinjiang sa place dans le développement des sociétés agricoles sédentaires de l’Asie centrale. Classé en Chine « site d’importance nationale », il fait référence pour l’âge du fer.

• Plusieurs ensembles inédits du Bronze(c. 2200-1500 av. J.-C.) témoignant de liens avec les steppes comme avec les oasis d’Asie centrale occidentale. Parmi eux, le Cimetière Nord, jumeau de l’exceptionnel cimetière de Xiaohe fouillé par l’Institut d’archéologie du Xinjiang (dir. A. Idriss) près du Lopnor. Ces vestiges ont révélé l’existence d’une civilisation évanouie du Bronze, dont on ne fait que commencer à en percevoir l’ampleur et dont la reconnaissance repose essentiellement sur l’étude de matériaux périssables. Nous nous consacrons aujourd’hui à l’étude et à la caractérisation de ces vestiges et à la recherche de leurs antécédents.

Principaux projets de recherche 

Par son impact, méthodologique et scientifique, la mission a fortement influencé le développement des recherches sur la protohistoire du Xinjiang et inspiré de nombreuses actions de formation. La richesse en matériaux périssables desséchés de nos sites a par ailleurs généré un programme de recherches pluridisciplinaires aujourd’hui en plein essor sur les biomatériaux (momies naturelles desséchées, textiles, matières premières animales et végétales, colorants notamment), fondés sur des collaborations publiques et privées. Participent à nos travaux des chercheurs français et chinois (archéologues, architectes, topographes, archéozoologues, archéobotanistes, anthropobiologistes, spécialistes d’archéologie funéraire et d’anthropo-biologie, d’imagerie satellitaire, des textiles et des colorants, d’archéo-matériaux, mais aussi restaurateurs-conservateurs ou chimistes) relevant de différentes institutions.

Les institutions et laboratoires impliqués 

Côté français :
• MAEDI, CNRS (UMR 7041- ArScAn, laboratoire de rattachement du chef de mission et d’une partie de l’équipe ; et UMR 5648, 7209, 8220, 8558 notamment), MNHN, LC2RMF, EHESS.

Côté chinois :
• Institut d’Archéologie et du Patrimoine du Xinjiang, Bureau de protection du Patrimoine de la région de Khotan, Institut d’Écologie et de Géographie de l’Académie des sciences du Xinjiang, Herbarium du Xinjiang, Université du Nord-Est, divers laboratoires de datation et d’analyse.

Autres pays :
• Kazakhstan (Institut de zoologie de l’Académie des sciences du Kazakhstan, Almaty) ; Suisse (ArchéoTex).